Le coup d’état de Fructidor Les étrennes aux amis du 18.

Un ouvrage royaliste en plein Directoire

Après Vendémiaire, coup d’état porté par l’aile gauche de la Convention, vint Fructidor. Ces deux coups d’état visaient à empêcher tout possible retour de la monarchie. Le premier coup d’état fut conduit par une parti de la « convention thermidorienne » contre les royalistes, tous amis de l’ordre, de la justice et de la paix. Il avait vu triomphé les Pentarques nous dit l’auteur de ces étrennes, tous régicides.

L’auteur de ces étrennes s’attache au deuxième coup d’état post thermidor, celui de Fructidor, moins connu mais tout aussi épouvantable pour les français qui croyaient pouvoir sortir des griffes de la révolution. Ces curieuses étrennes avec calendrier pour 1798 sont dédiés à tous les braves royalistes qui ont été arrêté et déporté lors de ce coup d’état.

L’auteur, l’abbé Aimé Guillon de Montléon, est né à Lyon le 21 mars 1758. D’abord docteur en théologie dès 1780, il est ordonné prêtre en 1782. Dès que la révolution éclate, il prend sa plume pour défendre la Royauté et la ville de Lyon. Il écrit l’Histoire du siège de Lyon publié en deux volumes en 1792, puis Lyon tel qu’il était et tel qu’il est ou tableau de sa splendeur passée en 1797 qui sera complété d’un troisième volume aujourd’hui bien rare sous la Restauration. Légitimiste, et serviteur de la monarchie légitime on lui doit l’éloge funèbre de Madame Elisabeth en 1797 publié en Allemagne et sans doute co-rédigé avec le comte Ferrand. En 1816, Louis XVIII le remerciera en le nommant conservateur de la bibliothèque Mazarine, et l’abbé Guillon publiera un ouvrage remarquable en 1821 : Les martyrs de la foi pendant la révolution française.

L’épitre dédicatoire

Les étrennes commencent par un épitre dédicatoire se moquant du nouveau directeur de la république, organisateur du coup d’état de Fructidor, La Reveillère-Lépeaux. La figure reproduite en frontispice lui donne un surnom : « Mahomet-Théophilantrope ». Ce « polichinel costumé en directeur, et placé sur son point chéri du calendrier républicain , tient, d’une main, la France en équilibre, et la fixe de l’autre main, avec un spectre de fer. Sa jambe, encore en l’air, vient de donner un coup de pied à la Constitution …On voit derrière lui son prédécesseur. A droite une botte de paille enflammée , sur laquelle on lit, pour cause 500. Le tas de buches qui se trouve à gauche, s’appelle, dit-on, les 250. » Ce chiffre fait référence à l’épuration de la nouvelle assemblée élue.

L’épitre plante le décor, l’abbé Guillon veut révéler à tous ce qui s’est réellement passé lors de ce coup d’état en se moquant de ce directeur : « C’est votre dix-huit fructidor que je vais célébrer ». L’abbé parle ensuite des saisies sur sa librairie dont il a été la victime en se moquant des républicains, car la liberté de la presse sous le directoire n’existait pas pour les royalistes : « Lorsque trois de vos fidèles inquisiteurs, en cherchant chez mon libraire, tous les livres qui consacrent la mémoire des forfaits de la révolution (grand Dieu ! l’immense bibliothèque nationale!) ont demandé l’histoire du dix-huit fructidor. Las ! Il n’y en avait point ; j’étais présent, et je conclus tout bas que sa majesté Polichinel en voulait une ; et je n’hésitai plus à la faire. ».

L’abbé Guillon poursuit en consacrant le directeur comme le véritable chef de la nouvelle religion de la révolution «  je vois en vous le type, l’emblème vivant de la céleste théophilanthropie ». Et l’abbé va plus loin en l’associant à Mahomet. Des théophilanthropes, l’auteur décompose le mot et parle du théos, comme d’un culte divin : « adorez le théos dans la bosse ». Le directeur se dit avoir du coeur et son coeur humain « philos » a réuni l’antropos et le théos. Il parle alors de « l’ingénieuse théophilanthropie », précurseur ainsi des cultes de la personnalité que nous verrons au XXème siècle au grand jour avec Staline, Hitler et tant d’autres.

N’est pas Mahomet qui veut, et l’auteur s’en explique. D’abord l’apôtre en question a son sabre « avec qui vous avez déjà tant de ressemblance ». Le directeur s’est rendu maître de la France et « veut l’asservir entièrement par le moyen d’une religion nouvelle »  comme Mahomet en son temps en Arabie. De plus la religion dite « décadaire » s’était imposée en France contre la religion catholique dont le culte était interdit. Les chrétiens étaient persécutés comme du temps de Mahomet, et les prêtres du temps du Directoire étaient déportés : « comme lui, vous voulez qu’on ne puisse pas en professer d’autres, et qu’on réponde à toutes les objections des antagonistes catholiques par la déportation, ou pour le glaive ».

Le coup d’État

De 1793 au Directoire

Depuis 1793, la France était coupée en deux : les patriotes et les chouans. Depuis 1793, et surtout ce crime sacrilège du 21 janvier, « le gouvernement du crime en était arrivé à l’épouvantable aveu qu’il ne pouvait y avoir de vrai républicain en France, que celui qui lui avait donné sa garantie de forfaits publics ». Alors que les chouans étaient propres et honnêtes, les patriotes rassemblaient une multitude depuis Thermidor : « Ligue mal assortie de ce dernier nombre étaient ces conventionnels thermidoriens qui, dans l’espoir d’être portés à la puissance exécutive par la multitude des ennemis du terrorisme, qu’ils avaient récemment combattus, s’étaient fabriqué cette incohérente constitution de l’an 3, si étrangement prodigue d’autorité envers le trône directorial dont ils se croyaient la possession assurée. » Les canons de Vendémiaire (coup d’état de Barras avec l’aide du Général Bonaparte), permirent à cette ligue de triompher. Et l’auteur de souligner que la ligue choisit « cinq régicides de première ordre » pour diriger le nouveau Directoire. La ligue plaça tous les thermidoriens aux postes clés de la république et les gens probes furent destitués. Le corps législatif encore tout puissant était conduit par des conventionnels directoriaux qui contrôlaient : les présidents des deux conseils, les secrétaires et les orateurs. Le gouvernement du Directoire disposaient de valets, les ministres et ceux-ci écrivaient platement : « Faites des choix agréables au directoire ».

Les élections

Toutefois malgré la mainmise de l’appareil d’État, Le Directoire ne pouvait acheter les deux tiers des élections quand vint le renouvellement du conseil des Cinq Cents. Le directoire par le biais de loteries, en dénonçant activement les « babouvistes », cherchait à ne permettre que la faction jacobine puisse être neutralisée à une faction « d’élus bien intentionnés » pour continuer à régner et à asservir les français.

Mais les français votèrent et ce fut « la première fois depuis la Révolution, que le peuple élut à son gré ». Et ce furent « des gens de bien » qui furent choisis par les français : « Le peuple s’applaudissait de son ouvrage, il croyait que le règne de la Justice allait enfin commencer pour lui, grâce à ses choix ».

Aux demandes répétés de la Montagne, désormais minoritaires, mais aidés par les plus enragés, appelant ouvertement au meurtre contre les nouveaux élus, le directoire organisa un banquet à l’Odéon des élus : « C’était dans la chaleur des altercations qu’on espérait d’y faire naître par la fumée des mets, et plus encore par la profusion et la multiplicité des vins de tout espèce, qu’on se proposait d’y égorger simultanément les députés du nouveau tiers ». Les députés appelés « les métis » et devenus « les ventrus », équilibristes entre le parti de l’ordre et les terroristes ne bougèrent pas : « le vin offert par des mains teintes de sang, quoiqu’au nom de la fraternité, fut sans attrait pour lui ». Le banquet se termina bien malheureusement pour le Directoire qui espérait que cette rencontre aboutit à des crimes et l’auteur de rajouter qu’« on fit banqueroute au traiteur ; mais enfin l’on n’assassina personne ».

Par miracle, le 1er Floréal, le nouveau tiers entra au corps législatif. Mais cette nouvelle assemblée n’était pas unie, certes ils étaient anti-révolutionnaires mais ils étaient composés : d’une faction directoriale, la faction royaliste honnête et probe mais peu préparé aux manigances des assemblées, et au milieu de tout ça la faction orléaniste qui se contentait d’« exciter alternativement l’une et l’autre pour profiter des imprudences que toutes deux lui feraient commettre ».

La réaction perfide du Directoire

Deux actions du Directoire vont lui permettre d’exciter et de regrouper plus de terroristes en vue de préparer le coup d’État. Merlin de Douai ministre de la Justice, va par le décret du 13 vendémiaire rétablir la persécution contre le clergé de Belgique, le corps législatif s’en saisit. La montagne impose une soumission du culte, et la fin des déportations mais l’auteur de conclure : « personne ne se demanda pourquoi l’abrogation des lois de déportation avait été obtenue si facilement. » Après avoir induit le conseil à faire rentrer en France ceux qu’ils appelaient les apôtres de la contre-révolution », le Directoire demande à Camille Jordan dans son rapport sur la police des cultes, le rétablissement des cloches. Roederer, journaliste, payé par le Directoire excita l’opinion et se « déclara leur ennemi, il dit gravement qu’il fallait les interdire parce qu’elles faisaient un bruit public ». Mais la prétendue majorité s’effrita et les cloches ne revinrent pas.

En même temps, le directoire avait manoeuvré et excitait la formation de clubs, « sociétés anthropophages du théophilantropisme » sous l’égide de la liberté de culte. Le directoire pousse les jacobins à venir à Paris : receveurs généraux de départements venant avec des fonds des caisses de province et des généraux. Ainsi le Général Hoche « promet d’amener pour l’exécution une partie de l’armée de Sambre et Meuse ». L’armée d’Italie est intimé de venir secourir le directoire « on lui persuade que le nouveau tiers s’oppose à la paix, empêche la solde des troupes et proclame la royauté » et leur chef Bonaparte de conclure : « Des montagnes nous séparent de la France : vous les franchirez avec la rapidité de l’aigle…les royalistes, dès l’instant qu’ils se montreront, auront vécu…jurons guerre implacable aux ennemis de la république ».

Le directoire, sûr de ses soutiens, couvre Paris de proclamations et de placards menaçants. Par ailleurs le Directoire se lança dans une valse des ministères habilement mené par La reveillère-Lepeaux, directeur organisateur et penseur du coup d’état. Lenoir-Laroche, soutenu par Rewbel, et Barras, jacobin, remplaçait Cochon à la police. Ce Cochon était soutenu par Carnot et Barthélémy, directeurs honnêtes. Francois de Neufchateau, devint ministre de l’intérieur et Scherrer devint ministre de la guerre. Dans tout ce remue-ménage, « la faction d’Orléans introduisit aux relations extérieures, l’évêque Talleyrand-Périgord, sous la direction visible de la baronne de Staël et par les conseils clandestins de l’adroit Montesquiou. Le suisse Benjamin Constant se chargea de porter les messages orléaniques !!! de la baronne à l’évêque, de l’évêque à la baronne, et de diriger au gré de la faction ; le nouveau club de l’hôtel de Salm ».

Barthélémy, directeur, et représentant du nouveau tiers élu, n’eut pas la force de poigne de résister à ce nouveau triumvirat formé de Rewbel, Barras, et la Reveillère. L’abbé Guillon raille ce choix de Barthélémy et que l’auteur aurait préféré le Général Beurnonville : « homme honnête et bon » et raille le choix d’un négociateur docile dans la personne de Barthélemy. Le Comte de Vaublanc, un des soutiens de Beurnonville, en parle dans ses mémoires : « Il avait un grand ascendant sur Barras, ce qui aurait entraîné Carnot vers Barras et Beurnonville, tout en intimidant les deux autres », et par conséquent aurait mieux servi la cause royaliste.

Par ailleurs l’auteur souligne l’éparpillement des petites factions au sein même du parti royaliste : « chacun d’eux avait son système particulier de monarchie dans lequel il se réservait un poste éminent ». Et de conclure : « compté uniquement dix francs royalistes de l’ancien régime ».

Il y avait :

– des constitutionnels de 91

– des monarchistes à la manière de la constitution anglaise : les Vaublanc, les Dumolard, les Pastoret, les Portalis.

– les royalistes d’Orléans, qui devinrent dominants.

Pendant ce temps l’armée de Hoche marchait sur Paris. Pichegru nommé par le tiers à la tête d’une commission visant à sauvegarder les intérêts du corps législatif, on convint de créer une garde nationale. Le corps législatif et la commission ne s’inquiètent pas assez de cette armée qui marche sur Paris. Le directoire attend que l’armée d’Italie soit aux portes de la capitale et que Carnot soit retiré de la présidence du directoire en plaçant La reveillère, pour avoir la signature présidentale à leurs dispositions.

Le général Augereau et l’armée d’Italie, arrivés à Paris, fit amener dix-sept pièces de canon de Meudon et l’armée d’attaque contre le corps législatif était formée. Le corps législatif formait leur commission d’inspecteurs mais qui était déjà infiltré par le directoire. Ce furent Siméon, Emery, Boissy-d’Anglas, Thibaudeau, Jourdan, Pastoret et Vaublanc.

Le coup d’état du 18 fructidor

Voilà le 18 fructidor, les bataillons surgissent de partout. Le directoire dicte ouvertement la raison de ce coup de force : la paix n’est plus assurée en France. Le directoire dicte ses choix : « vous êtes citoyens avant d’être soldat, et c’est pour assurer vos droits de citoyens que nous vous défendons d’outrepasser les limites fixées aux soldats…On parle de lois liberticides ; où sont-elles ? … Les émigrés et les prêtres réfractaires rentrent, les acquéreurs des biens nationaux sont diffamés, assassinés ; mais les tribunaux sont-ils fermés ? … Le corps législatif éloigne la paix ; eh tous nos vœux ont été pour elle ». Troncon-Ducoudrai, de répondre, dans un courageux plaidoyer aux 500, « Directoire ! Vous répondrez solidairement du salut public, Malheur au pouvoir qui se fonde sur l’appui des baïonnettes ». Le projet du Général Villot de renverser le Directoire fut abandonné, la majorité du tiers n’était plus acquise. Par ailleurs le directoire avait habilement manoeuvré pour inclure des partisans directoriaux dans chaque commission des 500 et l’auteur cite l’exemple de « Murinais, irréprochable, et où l’on voyait aussi l’anti-directorial Rovère, et le directorial Lacuée ».

Avant même le coup d’état, Rovère, courageux royaliste, prévint de toutes les munitions et pièces d’artillerie qui ont été retiré de Paris par le Directoire pour éviter toute action du corps législatif contre les armées du directoire. Membre du Club de Clichy, on y trouvait aussi Royer-Collard et Vaublanc. Ce club sera interdit après le coup d’état.

Les canons et la troupe d’Augereau se dressent devant la maigre troupe qu’a pu rassemblé Ramel et l’armée qui défend le corps législatif. Ramel lâche dépose les armes, le château des Tuileries est pris d’assaut. Le Général Verdière fonce dans la salle des inspecteurs où sont réfugiés les élus et tous sont arrêtés : « où venaient de se rendre, à la nouvelle du danger, Rovère, Pichegru, Villot, Delarue, Descoutils de Meriemons, Bourdon de l’Oise, Perrée, Tupinier, Jarry des loges, Laméthérie, Dauchy, Grégoire de Rumare et Fayolle. Rovère, la constitution à la main…Verdières sort, les emmène, rentre avec de nouveaux satellites ; ils fondent à l’instant sur les députés, qui , dans leur indignation se débattent contre cette horrible violence ; les soldats les lient et les emmènent prisonniers au temple. » L’auteur tire la comparaison avec l’évacuation du parlement anglais par Cromwell. A ceux qui protestent, sont aussitôt conduits au temple comme « Barbès-Marbois, Troncon-Ducoudrai, Maillard, Daunois, Murinais, Goupil Préfeln et Piédo d’Héritot ». Les autres échappés, « se dispersent…sur la place Vendome, pour secourir le conseil mais à la vue de l’immense appareil militaire qu’ils virent…ils disparurent ».

Une gigantesque force militaire fut engagé pour ce coup d’état : toutes les avenues des deux conseils, les quais de Seine, un parc d’artillerie à la place des quatre nations et tous les ponts gardés par des artilleries.

La proclamation du Directoire, pitoyablement placardé, concernait une vieille lettre de Louis XVIII de l’été 1795 où le roi parlait d’Imbert-Colomès , ancien échevin de Lyon auquel il recommandait alors Bésignan. C’était le témoignage de Duverne de Presle dit Dunant qui s’était fait arrêté et qui tentait d’adoucir son sort. Il y avait la prétendue correspondance sans date entre le prince de Condé et Pichegru qui se rapportait à encore un événement passé de l’été 1795. Enfin pour couronner le tout on parlait de ses papiers saisis dans les poches de d’Antraigues. Mais contrairement à ce qui était écrit dans la proclamation, à savoir qu’il aurait été arrêté à Venise, mais plutôt à Trieste, et que l’on ne trouva que de la littérature dans sa valise. L’auteur s’en réfère au n°444 de la quotidienne, et affirmait « qu’on n’avait rien trouvé de suspect dans ses papiers ». Fauche-Borel vrai agent de Louis XVIII fit des propositions au roi en août 1795 et fit des propositions à Pichegru de la part du prince de Condé. L’imprimeur, espion des bourbons en parlera en 1815, lors de sa défense dans l’ignoble procès contre Perlet au début de la Restauration (Perlet étant un agent triple au service de Bonaparte). Le vrai traître dans l’affaire n’est autre que Montgaillard, employé du prince de Condé, et par l’ambassadeur de Suisse Wickam, qui disgracié, a tenté de se venger en collaborant avec le Directoire.

Le directoire célèbre sa victoire

Ayant reçu acclamations et louanges, de tous les députés jacobins et directoriaux, venant se pamer devant la loge des directeurs, un message du directoire vint applaudir « à ce beau zèle », « le 18 fructidor serait un jour célèbre dans les annales de la France. Aujourd’hui il ne reste de ce triste jour que le souvenir d’un nouveau coup de force des républicains contre les français.

La répression va alors s’abattre contre toute opposition, et la dictature républicaine s’impose. On crée une commission qui présente des mesures d’exception. Tous les ennemis de la république sont ainsi déportés sans procès, sur des plages lointaines. Directeurs, députés, au total 65 sont condamnées dont 15 arrêtés : « Rovère, Pichegru, Villot, Delarue, inspecteurs ; Bourdon, Aubri, Lafond-Ladebat, Barbé-Marbois, Troncon-Ducoudrai,  Murinais, Barthélemy, d’Ossonville, Ramel. …et tant d’autres que l’auteur cite. « Les vainqueurs n’avaient plus que l’assassinat ou la déportation des vaincus pour se tirer d’embarras ».

Mais La reveillère commua tous les peines de condamnation à mort en déportation car selon lui « il indisposerait moins ce public ignare ». Le directoire en profita de plus pour fabriquer « des lois abominables qui furent rendues sans délai contre les émigrés, les prêtres, les journalistes ». 42 journalistes furent déportés soit disant « pour prevenir l’éffusion général du sang français ». Les admistrateurs élus sont destitués et remplacés par des créatures du Directoire. Tous les nobles doivent être déportés à 50 lieux des frontières. Les fortunes sont saisis pour ceux suspect de noblesse.

Conclusion

Le directoire parvint par ce coup d’état à se maintenir et à supprimer la réprésentation populaire, à éliminer la faction royaliste par un jeu où les royalistes ont perdu. Mais pourquoi ont-ils perdu ? Ils ont fait confiance à un système républicain sans se méfier qu’ils n’étaient pas maître de leur destin. Des élections vont elle aussi revenir en 1873 et aboutiront elles-aussi à l’échec royaliste. Des élections ne servent pas le retour du Roi, c’est être naif, c’est la république qu’il faut mettre à terre en demandant le Roi, les lois fondamentales, les conseils, le retour de nos provinces et d’une vraie déconcentration royale.

BIBLIOGRAPHIE

Les brigands démasqués par le Général Auguste Danican, paru chez Baylis 1796

Almanach Violet slnd, sans doute 1797, avec des informations sur la religion de la théophilantropie.

Histoire du siège de Lyon (1789-1796) en deux volumes. Paris 1797. par l’abbé Guillon de Montléon (une édition d’un tome supplémentaire fut réalisé sous la Restauration).

Etrennes aux amis du 18 par l’abbé Guillon de Montléon, 1798

L’accusateur public, journal 1794/1799 par Jean Thomas Richer de Sérizy

Précis historique des différentes missions dans lesquelles M. Louis Fauche-Borel a été employé pour la cause de la Monarchie. Par Louis Fauche-Borel, 1816

Les martyrs de la foi pendant la Révolution française, 1821, par l’abbé Guillon de Montléon

Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution par le comte de Vaublanc, 1833

Souvenirs par le comte de Vaublanc, Paris, 1839