La mort d’Henri V

Les Blancs soutiennent les Bourbon-Anjou

1883-1884-1885

Où Jean III préside les obsèques du Comte de Chambord

A la mort du Comte de Chambord, le 24 Août 1883, l’ainé des Capétiens était le Prince Jean de Bourbon, comte de Montizon.  Le 25 Août la Comtesse de Chambord avait fait porter une lettre à l’empereur d’Autriche pour l’informer de la mort de son mari.

Dès l’annonce du décès d’Henri V, les familles d’Espagne et de Parme se précipitèrent à son chevet. Philippe d’Orléans ne se fit annoncer que dans l’après midi du 28 Août. Le lendemain il prit seul l’initiative d’annoncer officiellement le décès de son cousin à tous les souverains d’Europe dans un communiqué du 29 Août puis obtint une entrevue avec François Joseph pour se faire reconnaître Roi de France.

Deux cérémonies religieuses étaient prévues :

  • La première,  le 1er septembre 1883 pour la famille et les proches dans la chapelle de Frohsdorf
  • La deuxième, le 3 septembre 1883 à Göritz, en présence de français et des délégations étrangères.

Au premier service funèbre, Philippe d’Orléans tenta de se faufiler afin d’occuper la première place sur le premier banc devant le Duc Robert de Parme, ce qui provoqua de la part de celui-ci un glacial « je crois que vous vous trompez de siège ».

Tout de suite, la question des préséances pour le deuxième service funèbre à Göritz occupa tous les esprits. La comtesse de Chambord isolée dans son chagrin, confia au comte de Blacas, chef de la Maison du Roi, le soin de trouver une solution. Toujours arrangeant, Blacas proposa que les chefs des quatre branches marchent sur une seule ligne :

  • Première branche : Don Juan pour les Bourbon-Anjou
  • Deuxième branche : Francois II pour les Bourbon-Sicile
  • Troisième branche : Robert de Parme pour les Bourbon-Parme
  • Quatrième branche : Philippe pour les Orléans

Mais Philippe d’Orléans refusa. La comtesse de Chambord mit alors un terme à la controverse en faisant savoir que la volonté de son mari était que la place de chacun fut réglé par le degré de parenté. Philippe d’Orléans décida alors de laisser sa chaise vide : « Madame la comtesse de Chambord ayant désiré que la cérémonie fut dirigée par les Princes étrangers, Monsieur le Comte de Paris ne se rendra pas à Göritz ».

Mais l’affaire ne s’arrêta pas là, cet hautain Philippe d’Orléans envoya un de ses collaborateurs, Michel de Bellomayre, pour accueillir le Prince Jean III à la gare de Göritz. Le désormais ainé des Capétiens et Chef de la Maison de Bourbon, arrivant accompagné de ses deux fils Alphonse et Charles et son petit-fils Jacques, fut prié de signer une nouvelle renonciation au trône de France mentionnant la renonciation de Philippe V. Fatigué de son voyage depuis Brighton, et souffrant de la goutte, Jean III ne répondit pas.

Les fils de Jean III, Charles et Alphonse, accordèrent une audience dans le Palais Lantiéri où ils séjournaient. Michel de Bellomayre vint et exposa alors que le comte de Paris pouvait encore assister aux funérailles, et que leur implication dans les méandres de la politique française ne pouvait que nuire à leurs intérêts. Le document fut à nouveau présenté. Charles se raidit. Alphonse (futur Charles XII) répondit

« Mon père est absent. Lui doit parler avant qui que se soit. Mais je le déclare tout de suite : jamais quant à moi, je ne signerai cette pièce. Je ne sais pas bien encore si nous avons des droits à la Couronne de France ; si nous n’en avons pas, il est ridicule de signer cette déclaration ; et si nous en avons, ces droits sont des devoirs. Les devoirs, on ne peut les abdiquer. »

Plus tard dans ses souvenirs, Joseph du Bourg, aura cette phrase : « pourquoi en effet demander de nouvelles renonciations, s’il n’y a pas de droits? On ne renonce qu’à quelque chose que l’on a ». D’ailleurs la question du droit avait été aussi posée à Henri V qui y avait répondu que son successeur serait « celui qui aura le droit ».

Le lendemain, alors que chacun se préparait à rejoindre la cathédrale, Michel de Bellomayre tenta de s’adresser à Jean III, qui refusa de lui parler.

Mis au courant de ces tentatives orléanistes pour s’emparer du trône, le Duc de Parme décida d’abandonner la tête du cortège à Jean III. C’est donc Jean III ainé des capétiens qui présida le 3 septembre le cortège funèbre à Göritz.

Des fidèles soutiennent les Bourbon-Anjou à travers le Droit monarchique

Par une lettre circulaire datée du 26 août 1883 le marquis de Dreux-Brézé, avait ordonné la dissolution de tous les comités royalistes qui « n’existent plus, ni en droit, ni en fait. Ils n’ont plus un motif pour se réunir ». Le 13 septembre 1883 le journal « l’Union », organe officiel du comte de Chambord annonçait que sa mission était finie. Le parti royaliste était complétement désorganisé.

De plus 300 des 4000 royalistes qui s’étaient rendus à Göritz pour les funérailles du comte de Chambord adoptèrent la déclaration de l’hôtel des Trois Couronnes signée par le traitre duc de La Rochefoucauld-Bisaccia « Les français réunis à Göritz pour rendre un suprême et douloureux hommage au Roi affirment leur inébranlable fidélité au principe de la Monarchie héréditaire et traditionnelle et saluent dans le comte de Paris le chef de la Maison de France ». Pire encore parmi les anciens collaborateurs intimes du comte de Chambord à savoir Blacas, Damas, d’Hautefort, Raincourt, Chevigné, Monti de Rézé se ralliaient au comte de Paris SAUF UN : Maurice d’Andigné.

Progressivement les anciens tenants du journal « l’Union » se rapprochèrent des points de vue de Maurice d’Andigné.

En octobre 1883, Joseph du Bourg, ancien représentant du comte de Chambord dans la région de Toulouse réagit : «Ma conviction personnelle est que la succession légitime du trône de France repose sur les descendants du duc d’Anjou ». Il fait alors paraître une brochure « Le Droit Monarchique ».

Cette brochure inspira la création d’un journal légitimiste hebdomadaire du même nom « Le Droit monarchique fondé par Maurice d’Andigné et qui parait de décembre 1883 à novembre 1884 selon la BNF.

Le journal est imprimé à Hennebont chez l’imprimeur L. Tillet jusqu’au numéro 62. Chaque numéro coûtait 5 centimes, l’abonnement par an était de 4 francs. Chaque numéro compte quatre pages après le titre Droit monarchique et l’épigraphe « La parole est à la France et l’heure est à Dieu ». Cette épigraphe est empruntée au manifeste du comte de Chambord du 8 mai 1871. Les rédacteurs sont peu nombreux. Le principal est Jules Delmas. On trouve aussi les signatures de Taillefer, Barbazan, de Saint-Léon, Du Hézo, Didier, de Verneuil,  D. de C. Ce journal fut soutenu financièrement dès le début par la comtesse de Chambord.

Dès le premier numéro daté du 2 décembre 1883 le rédacteur en chef, Jules Delmas, résume dans un bref éditorial la doctrine inspirée par le groupe des fidèles de la comtesse de Chambord. « Le droit monarchique est représenté par les descendants du duc d’anjou, petit-fils de Louis XIV. Ceux qui reconnaissent comme roi Mgr le comte de Paris…désertent la cause de la Légitimité, la cause de la Patrie, pour passer à l’orléanisme, au libéralisme politique, une des formes les plus malsaines de la Révolution ».

Un autre journal royaliste « Le Journal de Paris » fondé en octobre 1880, avait absorbé « Le Royaliste » en 1883. Ce journal était sous l’influence de Maurice d’Andigné. Ces deux journaux ont fait donc campagne parallèlement.

Un comité central de propagande légitimiste mis en place en 1884 permet de rallier des grands noms du monarchisme : le général de Cathelineau, Urbain de Maillé de La Tour Landry.

Depuis la mort du comte de Chambord, des réunions dans l’Ouest étaient organisées et des pèlerinages à Sainte Anne d’Auray avaient lieu chaque année.

Les légitimistes soutenaient les Bourbon-Anjou mais peinaient à désigner le prince Jean. Ce prince original, n’était pas un chef de maison idéal pour les royalistes. Il était libéral mais malgré tout avait eu le courage de maintenir tous ces droits au trône de France si la branche ainée, représentée par son oncle le comte de Chambord, venait à s’éteindre. Le prince Jean III était séparé de sa femme, sœur de la comtesse de Chambord.

Ainsi peut-on expliquer les paroles de Joseph du Bourg « j’étais stupéfait, je me dis néanmoins que malgré le passé de ce prince, le principe devait passer avant tout. Les personnes passent, les principes restent ».

De plus le duc de Madrid n’était apprécié du comte de Chambord qui désapprouvait les guerres carlistes. Enfin Jacques, fils du duc de Madrid était le filleul d’Henri V.

Alphonse, fils du Prince Jean, preux défenseur du Pape, héroique et entraînant commandant des carlistes en Catalogne était lui aussi aimé par les légitimistes et Charles, duc de Madrid, avait fait abdiqué son père au titre de roi d’Espagne à Paris le 3 octobre 1868. Il était comparé à Henri IV et semblait le choisir comme le meilleur candidat au trône de France. Enfin pour couronner le tout, au début de juillet 1884 le journal « Le Temps »  écrivit : Jacques fils du duc de Madrid alors âgé de 14 ans, âge de la majorité des rois de France ! La duchesse de Madrid n’hésitait pas à rajouter que son fils à Paris valait bien tous les Orléans.

A l’initiative de Maurice d’Andigné, le 27 juillet 1884, les royalistes se réunirent dans une salle de la société de géographie et affirmèrent leur inébranlable attachement à la cause du droit monarchique, héréditaire et traditionnel dans le chef de la maison d’anjou, Jean de Bourbon, étant depuis la mort d’Henri V, en vertu de la loi salique, le représentant légitime. L’initiative fut soutenu aussi par des personnes qui collaboraient aussi au journal de Paris : Cathelineau, Joseph du Bourg, de la Viefville, de Scoraille, de Sainte-Suzanne.

Les auteurs de cette déclaration étaient :

  • Sébastien Laurentie était le fils et l’héritier spirituel du grand journaliste Pierre-Sébastien Laurentie, journaliste et historien, célèbre pour son Histoire de France, directeur de l’Union et conseiller du comte de Chambord mort en 1876.
  • Le Général Henri de Cathelineau, fils de Jacques-Joseph de Cathelineau, organisateur du soulèvement vendéen en 1832 et petit-fils du grand chef vendéen.
  • Le Comte Maurice d’Andigné, d’une ancienne famille de l’Anjou, ancien secrétaire du comte de Chambord, créateur du journal Le Droit Monarchique
  • Le vicomte P. de Foresta.
  • Arsène de Kerangal, auteur d’une feuille « L’impartial du Finistère ».
  • Guillaume Véran, journaliste, auteur de deux ouvrages la légitimité devant le catholicisme en 1880 et les Habiles, appels à la raison publique en 1883.
  • Et un excusé Gibert, créateur de « l’Avant Garde de L’ouest », avranchin

Le brillant discours prononcé par le comte Maurice d’Andigné, « le roi légitime » réjouit les 300 royalistes réunis.

« Les royalistes réunis le 27 juillet 1884 affirment leur inébranlable attachement à la cause du droit monarchique, héréditaire et traditionnel, dont le chef de la maison d’Anjou, est depuis la mort d’Henri V, en vertu de la loi salique, le représentant légitime ».

C’est sans doute à cette date que parut un petit opuscule de 223 pages (dont nous reproduisons la page de garde plus loin) contenant les discours de Maurice d’Andigné, Sébastien Laurentie, Véran, Cathelineau à cette réunion. L’opuscule contient de même : le compte rendu de cette réunion, les lettres d’adhésion, la revue de presse, l’exposé de la situation du parti légitimiste et un tableau dépliant de la Maison de France et de la descendance de Louis XIII.

Toujours Maurice d’Andigné dans une lettre datée du 24 octobre 1884 et adressée au directeur du journal « Le Gaulois » marque publiquement son hostilité aux Orléans : « Comme légitimiste, je ne reconnais et n’ai le droit de reconnaître à Monsieur le comte de Paris que le titre de chef de la branche d’Orléans ».

DECLARATION DU HEZO

24 décembre 1884 dans le journal « La Croix »

Cette déclaration dont l’inspirateur doctrinal est Monseigneur Maupied, théologien, qui avait concouru à Vatican I au décret sur l’infaillibilité, lancent, du château du Hézo, dans le morbihan, un manifeste légitimiste répandu dans le droit monarchique.

Il y a pour les sociétés régulièrement formées en corps de Nation, une autorité civile légitime, c’est-à-dire fondée sur un droit positif de commander dans les limites, par les moyens et selon le but assignés par le Créateur aux sociétés humaines. Il est également du Droit absolu de toute société chrétienne de se faire gouverner par l’autorité légitime, et quand celle-ci lui est ravie d’en poursuivre pour le bien et selon le devoir de tous et de chacun, l’entier recouvrement et sans se préoccuper, autrement que d’une manière contingente, de l’existence et des actes, bons ou mauvais en eux-mêmes, de quelque autre’ autorité que ce soit qui ait pris la place de l’autorité légitime. Cette doctrine ressort de l’enseignement formel de l’Eglise et des déclarations émanées de la Chaire de Pierre touchant le principat civil. Elle oblige la conscience chrétienne.

La Monarchie française dite traditionnelle apportée en Gaule par Clovis Ier et perpétuée selon les formes les plus indiscutables du Droit par les trois dynasties Mérovingienne, Carlovingienne et Capétienne, est à la fois l’exemple le plus parfait et le modèle le plus ancien de l’autorité légitime chrétienne dans une Nation. Elle est conforme dans ses bases aux plus rationnelles exigences du droit chrétien et du droit civil.

Par son origine elle perpétue le premier droit familial et patriarcal; par ses actes depuis son établissement en Gaule, elle a formé, soutenu et fait progresser le corps de la Nation qui lui doit le nom de France; elle a donc acquis toute la plénitude du droit historique. En un mot, elle réunit en elle seule tous les traits épars du Droit, envisagé sous ses diverses faces, qui se retrouvent … les autres peuples chrétiens plus ou moins accusés actuellement; et cependant suffisamment pour que l’Autorité légitime ait été reconnaissable, reconnue et définie par l’Eglise dans lesdites Nations.

C’est pourquoi, écartant les distinctions purement contingentes de Royauté, Empire ou République qui servent de prétexte aux sophistes politiques pour troubler les esprits par des discussions à vide et laissant à chaque Etat le soin de reconnaître, définir et soutenir les formes de la légitimité du pouvoir chez lui, les soussignés catholiques français déclarent qu’EN FRANCE, L’AUTORITÉ LEGITIME APPARTIENT AUX SEULS REPRÉSENTANTS DE LA MONARCHIE CHRÉTIENNE ET TRADITIONNELLE, SELON LES INVARIABLES RÈGLES SUIVIES EN CE PAYS POUR LA TRANSMISSION DE L’EXERCICE DU POUVOIR SOUVERAIN, et dont l’ensemble, porte à raison de leur origine historique, le nom de Droit salique.

C’est le premier caractère de la Monarchie française d’être TRÈS CHRÉTIENNE selon la glorieuse appellation que les Papes en ont faite. Le souverain appelé Roi doit faire profession publique de la foi catholique romaine il a la mission d’en protéger et d’en favoriser par tous moyens légitimes l’exercice et le développement dans l’Etat, de la défendre, au nom du salut des âmes, contre l’envahissement des fausses croyances ou de l’irréligion et de se dévouer au règne social du Christ. Aucune loi ou ordonnance ne peut être rendue par lui en contradiction avec la liberté de la conscience catholique.

La souveraineté réside dans le Roi

l’exercice en est réglé et limité par les institutions nationales,

ayant pour base la représentation réelle des intérêts collectifs.

Des lois civiles générales et permanentes édictées et promulguées par les rois en leurs Etats ou en leurs conseils, règlent les intérêts privés.

Elfes ne peuvent être contraires à la liberté de l’Eglise et des fidèles, à l’honneur soit du Pays, soit de la couronne, au principe de la. propriété, aux droits sacrés de la famille, aux droite soit naturels, soit traditionnellement passée dans les mœurs qui constituent les libertés communales et provinciales. Quant a la loi de transmission, de la couronne, le principe supérieur qui la régit est que il n’est au pouvoir de personne au monde de modifier en ses termes essentiels cette loi primordiale constitutive de l’Autorité légitime dans un peuple tant que ce peuple existe et qu’il existe également des ayant-droit à cette autorité légitime. Penser ou dire autrement serait enfreindre le droit chrétien et le droit naturel.

La loi salique qui est chez nous cette loi primordiale est donc supérieure à toute clause introduite à la suite de révolutions intérieures. Du de guerres étrangères, et le fait d’avoir régné sur des nations étrangères ne prive nullement de la qualité et des droits de Français.

En déduction rigoureuse des principes ci-dessus énoncés, et en conformité avec le Droit constamment reconnu et pratiqué en France, au vu et au su de l’Europe, depuis la fondation de la Monarchie très chrétienne jusqu’à la Révolution, les soussignés déclarent et concluent

1° La loi dite salique est la seule règle qui doive être suivie en France pour le discernement et la reconnaissance de l’Autorité légitime ainsi que de la personne à qui revient le titre de Roi depuis la mort d’Henri V dit comte de Chambord

2° Elle ne peut recevoir d’atteinte d’aucun traité, de l’avis d’Henri V lui-même dans sa circulaire confidentielle de 1860, ni des faits révolutionnaires accomplis depuis près d’un siècle

3″ L’ordre de la succession salique, la seule qu’ils reconnaissent, assurée à la Maison de Bourbon dans la descendance légitime, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, à l’exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance, appelle à la couronne de France

Premièrement la descendance légitime mâle de Philippe V, dite branche d’Anjou et subdivisée actuellement en branche aînée et branche cadette d’Espagne; branche aînée et branche cadette de Naples branche de Palerme

Deuxièmement, la descendance légitime de Philippe. duc d’Orléans frère du roi Louis XIV à la réserve des déchéances, incapacités temporaires on absolues et forfaitures au droit qui pourraient être signifiées, démontrées et validées à rencontre de ladite branche dans les formes requises, à raison des actes commis par les ascendants ou des principes affichés ou non reniés par les existants, ainsi que de la conduite tenue par eux pendant la vie du feu roi.

En ce qui concerne la personne royale toujours existante et d’avance désignée par la Loi Salique, il appartient aux sujets fidèles de la reconnaître le jour que Dieu, maitre des événements et des cœurs, aura fixé dans le décret de ses justices et de ses miséricordes, dont l’Histoire nationale fournit de si puissants et si décisifs exemples. En attendant, il est du droit et du devoir de chaque Français, principalement de ceux que leurs études, leur situation ou le cours des choses ont engagés dans la mêlée politique, de proclamer avec confiance et de servir avec une persévérante énergie les principes de la Légitimité ci-dessus exposés de préparer par une entente sur ce terrain les résultats de l’avenir et de se mettre à la disposition de l’auguste Maison de Bourbon.

Ils n’invoquent d’autres titres que ceux de chrétiens et de Français ils rappellent à leurs anciens compagnons de lutte combien d’occasions offertes out été manquées combien de batailles utiles non livrées, combien de surprises et d’erreurs préparées de longue main et subitement répandues à profusion au moment déchirant de la mort du roi très chrétien ils les conjurant de se joindre à eux contre les dissidents, de mépriser tout ce qui n’est pas le Droit et la justice, d’élever leurs cœurs ainsi que le faisaient nos aïeux au-dessus de toutes les difficultés, plus formidables en apparence que solides en réalité, qui essaient de se dresser à l’heure présente contre le Droit; enfin, de ne jamais oublier qu’Henri V n’a jamais renié sa foi, ses traditions, sa bannière, et qu’il ne se reconnaissait même pas le pouvoir de les modifier en quoi que ce soit, « pouvant tout avec elles, n’étant rien sans elles. »

Les soussignés attestent devant Dieu le désintéressement, la loyauté et la certitude leurs convictions énoncées ainsi que dessus; ils se déclarent engagés de droit et d’honneur catholique et français, à les soutenir avec une invincible énergie, à braver toutes les épreuves et les contradictions et à en prouver la vérité de toute manière et sous tous les points de vue, assurés qu’ainsi ils auront pleinement rempli leur devoir de Français et que la miséricorde de Dieu leur en tiendra compte comme d’un service également rendu à l’Eglise, de laquelle ils sont et resteront, par-dessus toute chose, les fils très humbles et très dévoués.

UN EXTRAIT DE VENTE DE GAZETTE

Qui se trouvait dans la bibliothèque du Comte Joseph III de Lazerme qui assista aux funérailles du comte de Chambord en 1883.  Son père Charles hébergea chez lui à partir de 1870 le prince Alphonse (futur Charles XII, frère cadet du duc de Madrid Charles XI) et la princesse Marie des Neiges de Bourbon et les principaux chefs carlistes, dont les généraux Vicente Ruiz et Ceballos. Charles de Lazerme, descendant, reçut Alphonse II, père de Louis XX et lui montra sa collection d’ouvrages légitimistes et carlistes.

La gazette a été acheté par un carliste de Viscaya, nous essayons d’en obtenir des photocopies des numéros manquants non inventoriés à la bnf.

‎DELMAS Jules, TAILLEFER, BARBAZAN, de SAINT-LÉON, du HÉZO, DIDIER, de VERNEUIL.‎

‎LE DROIT MONARCHIQUE. JOURNAL POLITIQUE HEBDOMADAIRE. ‎

‎ Paris, sans nom d’éditeur ni d’imprimeur. Bureaux : s’adresser à M. Émile BRAY. Le propriétaire gérant : L. TILLET (jusqu’au N° 62). Ensuite : sans nom de directeur, Château du Hézo par Theix (Morbihan), enfin « 114 rue St-Lazare » (à partir du N° 93). La présente colection comprend 78 numéros, du N° 8 au N° 94. Il manque (outre les N° 1 à 7) les N° 12-20-23-24-37-53-54-70-81. Feuille pliée en deux soit 4 pages imprimées, format 43 x 31 cm. Les fascicules sont présentés repliés, tels que conservés. Papier très fragile mais heureusement bien conservé malgré les défauts ci-après. Faiblesses au pli horizontal médian, points d’usure le plus souvent, menues fentes, en particulier au premier numéro et aux 2 derniers qui sont déchirés au pli sur presque toute leur largeur, avec petits accidents et manques aux 2 derniers (les autres plis, résultant de l’envoi postal, sont peu marqués). Ces déchirures ne font perdre aucune partie du texte, sauf quelques mots ou parties de mots aux 2 derniers fascicules. Les bords (côté ouverture) sont brunis et très marginalement déchiquetés (sécheresse du papier). Quelques petites mouillures claires à gauche, très marginales, à quelques numéros. Quelques croix au crayon rouge. ‎

Cette très rare revue légitimiste et traditionaliste, très fragile, n’est représentée qu’en une seule collection en bibliothèques publiques : la BNF possède seulement les numéros 1 à 53 (sauf le 44). Le professeur Jean-Claude DROUIN in « Le Droit Monarchique, un journal monarchiste et légitimiste » (Actes du 104° congrès des sociétés savantes, Bordeaux, 1979), se réfère à cette seule référence physique connue. Ce chercheur résume bien la position particulière de ce journal : « les successeurs du comte de Chambord ne peuvent être de la branche des Orléans, mais sont de la branche des Bourbon-Anjou en la personne de Don Juan, infant d’Espagne, reconnu ainsi sous le nom de Jean III (…) ». Principal rédacteur Jules DELMAS, auquel s’ajoutent TAILLEFER, BARBAZAN, de SAINT-LÉON, du HÉZO, DIDIER, de VERNEUIL. À noter que la page de titre du N°39 du 24 août 1884 est encadrée d’un listel noir, à l’occasion de la mort de Henri V. Il en est de même pour le N° 61 du 25 janvier 1885. Dès la livraison suivante (numéro 62 du 1er février 1885) l’adresse change et devient « Château du Hézo ». Le journal retrouvera une adresse parisienne (anonyme) pour son numéro 93. Nous ignorons si la publication a duré par la suite. Attention : nous décrivons l’état actuel. Il est probable que la manipulation de ces journaux agrave les déchirures existantes, et il est prudent de ne les déplier qu’une fois, pour ensuite les conserver à plat dans des chemises.

Un congrès légitimiste en 1885

Il se tient à Paris les 3,4, et 5 Juillet 1885. Voici le double but que se proposent les organisateurs de cette manifestation :

1 / Affirmation solennelle de leur foi politique et religieuse

2 / Recherche des moyens de propagande les plus propres à augmenter le nombre des défenseurs de la cause du droit.

Le congrès se tient à la date anniversaire de la prise d’Alger.

C’est signé : Marchand, secrétaire du comité légitimiste de propagande dont le siège est 16 rue du Regard.

Le premier jour, Vendredi 3 Juillet à 9h réunion à l’église Notre Dame des Victoires, et prières pour le Roi et pour la France. Suivi de deux jours de séance. Le 5 juillet, banquet dans la grande salle des fêtes de l’hôtel Continental.

Voici la structure :

Président : M. Charles du Verne, président de l’ancien comité royaliste de la Nièvre

Vices-présidents :

  • M. Hermand, président de l’ancien comité royaliste d’Eure et Loir
  • M. Blanc, président de l’ancien comité royaliste du 12ème Arrondissement, secrétaire
  • M. Sébastien Laurentie, ancien rédacteur de l’Union

Membres :

  • Général Cathelineau
  • Vicomte d’Orcet, ancien magistrat de la Restauration
  • Comte Léonor de Cibeins, membre de l’ancien comité royaliste de l’Ain
  • Marquis de Cussy de Jucoville, membre de l’ancien comité royaliste du Calvados.
  • L. Philippe, membre de l’ancien comité royaliste du Nord
  • Comte Urbain de Maillé La Tour Landry
  • Vicomte Paul de Foresta
  • D’Abbadie, membre de l’ancien comité royaliste de Bayonne
  • Comte Maurice d’Andigné, ancien secrétaire du comte de Chambord
  • De Sazilly, membre de la Société d’agriculture de la Vienne
  • De Guiny
  • Maurice de Junquières, membre de l’ancien comité royaliste de l’arrondissement de Meaux
  • Vicomte Germain de la Houssaye
  • Guillaume Véran, ancien directeur de l’Etoile, d’Angers
  • Comte Fernand de Meckenheim
  • Henri Marchand, fondateur et ancien directeur de la Correspondance des deux Chambres, rédacteur en chef du Journal de Paris.