De la Confrérie du Sacré Coeur aux Zouaves Pontificaux La dévotion au Sacré coeur de Jésus

A partir de deux livres d’un grand intérêt, peu connues, revenons sur cette dévotion au Sacré Coeur connue par les révélations accordées à Sainte Marguerite-Marie Alacocque. Le premier document date de 1792, c’est un livre d’étrennes rédigé par l’abbé Le Franc, de la congrégation des Eudistes. Le deuxième est le manuel du Zouave pontifical publié par le père de Gerlache en 1872.

Le divin consolateur

Le trône est renversé après le double coup d’état du 14 juillet 1789 et les événements d’octobre qui ramènent la famille royale à Paris. Le Roi Louis XVI nomme un nouveau confesseur et choisit le père François-Louis Hébert, supérieur général de la congrégation des Eudistes. Les Eudistes furent peu contaminées par les idées révolutionnaires étant une société de vie apostolique fondée en Normandie à Douvres la Délivrande le 25 mars 1643 par Saint Jean Eudes. Nous savons que Jacques François Lefranc, eudiste français, supérieur du séminaire des Eudistes de Caen, très proche du père Hébert, ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, est contraint de remettre son séminaire à François Bécherel, évêque constitutionnel de la Manche et député à la Constituante, le 17 avril 1791.

Avant d’écrire ce divin consolateur, il publia « le voile levé pour les curieux, ou le secret de la révolution révélé à l’aide de la franc-maconnerie » (Paris, LePetit et Guillemard l’ainé). Ce texte fait remonter l’origine de la maconnerie à la secte protestante française du socinianisme. Augustin Barruel, partenaire littéraire de Lefranc, reprendra son argumentaire dans son livre « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme » qui connaîtra un franc succès, et sera réédité et complété sous la Restauration. L’ouvrage de Lefranc constitue le premier livre témoin de la conspiration maçonnique organisé au début de la révolution française pour le renversement du Trône et de l’Autel.

Ces étrennes écrites à la fin de l’année 1791 se nomment ainsi : « Le divin consolateur, étrennes nécessaires aux fideles, dans les malheureux jours du schisme, à paris ». Elles sont très rares, elles furent éditées sous le manteau pour les membres de la Confrérie du Sacré Coeur établie par Lefranc à Paris à partir de septembre 1791. Ces étrennes comportent :

– un calendrier pour l’année 1792

– l’ordinaire de la Sainte Messe

– les vêpres du Dimanche

– des pensées chrétiennes sur Jésus-Christ pour chaque jour du mois

– Dans le chapitre Etablissement de l’église catholique : L’auteur revient sur les différences qu’il convient de séparer entre le pouvoir spirituel et temporel. Ce que la constitution civile du clergé a tenté d’effacer en plaçant les religieux sous la tutelle d’un pouvoir temporel laic. L’abbé le Franc réaffirme la juste séparation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel : « La puissance temporelle et la puissance spirituelle sont établies de Dieu ; elles sont toutes les deux souveraines, indépendantes. L’une s’étend sur le spirituel, et l’autre sur le temporel. Tout ce qui intéresse le dogme, la morale, le culte, l’administration des sacrements, la discipline, appartient à la puissance spirituelle ; tout ce qui regarde le domaine national, les biens des citoyens, l’administration de la justice, la police, le gouvernement, les finances, les impôts, les lois, est du ressort de la puissance temporelle. » Les deux puissances ont été confondues quand «  l’Assemblée nationale, en créant ou détruisant des évêchés, en prescrivant des règles nouvelles pour l’institution des évêques, en ordonnant, sous peine de destitution, la prestation d’un serment dont elle dicte la formule, a confondu les notions des deux puissances, et usurpé celle qui ne lui appartenait pas ».

– Un Chapitre sur l’État de la religion en France. Le travail des loges avait corrompu toute la société : désordre dans les finances, augmentation des athées et surtout « un esprit d’inquiétude avait gagné tous les corps de l’Etat ». Louis XVI voulait des réformes et convoqua les notables. Les notables faillirent et « on jugea nécessaire d’assembler les Etats du Royaume ». C’est là que lefranc révèle à tous que « déjà il y avait dans le conseil (mot employé pour les Etats Généraux) des ennemis du bien public, dont le but était de donner au peuple français toute l’autorité qui était entre les mains du roi. Il fallait pour y réussir, attribuer la prépondérance au peuple dans les délibérations, de manière qu’elle ne pût être balancée par la réunion des ordres du Clergé et de la Noblesse. ». On connaît la suite, la réunion des ordres pour former l’assemblée nationale, véritable coup d’État contre l’autorité royale.

– un chapitre sur les principes catholiques attaquées par l’assemblée nationale :

1/ C’est à l’Église qu’appartient exclusivement la juridiction spirituelle : le droit d’instituer les pasteurs, de les déposer, de régler leurs fonctions, de borner celles-ci, de les étendre, de les suspendre, de les leur interdire. L’assemblée nationale a usurpé toutes ces prérogatives.

2/ Jésus Christ a donné à Saint Pierre et aux successeurs de ce prince des apôtres la primauté d’honneur et de juridiction dans tout l’Église. L’assemblée nationale a refusé de reconnaître dans le Pape la primauté de la juridiction sur tout l’Église ; elle ne lui accorde que le titre de chef visible, et une primauté d’honneur.

3/ L’évêque doit être supérieur au clergé et aux fidèles. L’assemblée a dépouillé l’évêque de l’autorité attachée à son titre, en assignant des vicaires qui n’étaient pas de son choix ; elle a partagé entre eux son autorité épiscopale et l’a subordonné à un conseil de prêtres.

4 / L’ordination que reçoit un prêtre, ne lui donne pas la juridiction. L’assemblée a prétendu le contraire.

5 / L’Église n’a point confié aux rois ni aux princes l’autorité spirituelle. En mettant en pièce le concordat de Bologne, l’assemblée a créé des évêchés.

6 / La religion catholique a un article fondamental, que les conseils évangéliques conduisent la perfection du christianisme, enseignés par Jesus Christ et ses apôtres et qu’ils font partie de la morale chrétienne. L’assemblée rejette en refusant de reconnaître les vœux solennels, comme contraires à la liberté naturelle de l’homme.

7 / L’Église catholique dit que l’élection des évêques appartient aux évêques, et le choix des curés à l’évêque diocésain. L’assemblée a rendu maître de ces élections, le peuple composé de juifs, de protestants, de déistes, d’athées et de chrétiens qui se laissent gagner par des ambitieux.

– un très intéressant parallèle entre le schisme d’angleterre et celui de France.

– enfin l’instruction sur la dévotion au sacré coeur de Jésus :

C’est là que Lefranc nous parle de cette confrérie, société des ames qui veulent reconnaître l’amour que Jésus Christ a porté à tous les hommes et chacun d’eux en particulier. L’amour vient du coeur, et c’est à ce coeur adorable que nous devons notre rédemption et de tous les bienfaits qui en ont été les suites. En témoignage de son amour : il s’est incarné, c’est à dire, il a pris un corps et reçu une ame dans le sein d’une vierge / Il est né dans une étable / il a vécu dans la pauvreté, dans les contradictions, les humiliations et les souffrances / Il a enduré la mort la plus cruelle et c’est son divin coeur, c’est à dire son amour pour nous , qui l’a porté à expier ainsi nos péchés. Aussi l’auteur d’expliquer qu’il faut rendre amour pour amour. Comment ? Observer les commandements de Dieu et de l’Église / Remplir les devoirs de son état / pratiquez la charité, l’humilité, la patience / Vaincre et mortifier ses passions / approcher souvent des sacrements / en un mot faire le bien et éviter le mal par amour pour Dieu. Les devoirs de la dite confrérie sont mentionnés : méditer souvent sur l’amour de Jésus-Christ / gémir sur l’indifférence et l’ingratitude de ceux qui ne l’aiment pas / demander leur conversion et celle de toutes les âmes / prier pour les confrères vivants et décédés / passer chaque année une heure en adoration devant le Saint Sacrement, après s’être confessé et avoir communié dans l’intention de réparer les péchés qui se commettent et surtout les communions sacrilèges et les irrévérences dans les églises. Les confrères nous indique le livre porte sur eux une image du sacré coeur pour se souvenir sans cesse de l’amour que Jésus Christ a pour nous. Les confrères se réunissent ainsi à deux heures différentes de la journée en esprit par la courte prière : « Je vous adore, ô sacré coeur de Jésus ; je vous aime, je vous invoque avec tous mes associés, afin que vous nous assistiez maintenant, toute notre vie, et à l’heure de notre mort ».

La Révolution avançe en Europe

Avant d’aborder le deuxième ouvrage de cette étude, il convient de revenir sur les événements révolutionnaires des années 1848 qui déstabilisèrent les Etats de l’Église. Le Baron Alphonse Balleydier, historiographe de l’empereur d’Autriche et auteur de nombreux livres légitimistes sur son pays et en particulier sur la ville de Lyon, écrivit en 1851 un très bel ouvrage intitulé : « Histoire de la Révolution de Rom / tableau religieux, politique et militaire des années 1846,1847,1848,1849 et 1850 en Italie », Il s’agit de la troisième édition dûment complétée de l’auteur, le livre en question qui nous sert de base à cette article est l’exemplaire de la bibliothèque du comte de Chambord.

Mazzini, le leader des sociétés secrètes au XIXème en Italie, publia à Naples par Benedetto Cantalupo, un pamphlet aussitôt interdit dans lequel il décrit la future organisation de la Jeune Italie révolutionnaire qu’il souhaite et crée une société secrète. On est saisi d’effroi en voyant quelques articles de cette société  :

Article Premier : La société est instituée pour la destruction indispensable de tous les gouvernements de la Péninsule et pour former un seul Etat, de toute l’Italie, sous la forme républicaine.

Article Second : En raison des maux dérivant du régime absolu et ceux plus grands encore, des monarchies constitutionnelles, nous devons réunir tous nos efforts pour constituer une république une et indivisible.

Article 30 : Les membres qui n’obéiront point aux ordres de la société secrète, et ceux qui en dévoileront les mystères, seront poignardés sans rémission.

Article 31 : Le tribunal secret prononcera la sentence en désignant un ou deux affiliés pour son exécution immédiate.

Article 32 : L’affilié qui refusera d’exécuter la sentence prononçée, sera reconnu parjure et comme tel mis à mort sur le champ.

Article 33 : Si la victime condamnée parvient à s’échapper elle sera poursuivie sans relâche, en tout lieu, et le coupable sera frappé par une main invisible, se fût-il réfugié sur le sein de sa mère ou dans le tabernacle du Christ.

Article 34 : Chaque tribunal secret sera compétent, non seulement pour juger les adeptes coupables, mais encore pour faire mettre à mort toutes les personnes qu’il aura vouées à la mort.

Dès l’avénement de Pie IX, les révolutionnaires complotent. Les manifestations du 14 juillet 1846 (date bien choisie…) bien préparées par les sociétés secrètes, obligent le pape à créer une garde civique qui sera le bras armé des sociétés secrètes lors des événements révolutionnaires de 1848. Poussé par les gouvernements libéraux européens (Prusse, Angleterre, France) et par les révolutionnaires italiens, le Pape finit par partager son pouvoir temporel en instituant deux chambres, un conseil d’État et des laics peuvent être nommés au gouvernement à des postes clés. (Statut fondamental du 14 mars 1848). Le 24 mars 1848 le pape autorise le départ d’un corps expéditionnaire vers les frontières des Etats de l’Église mais défend à ses troupes d’entrer en guerre contre l’Autriche. Il condamnera d’ailleurs lors du consistoire secret du 29 avril 1848 cette guerre que souhaite les révolutionnaires et le roi de Piémont, Charles-Albert de Savoie, pour chasser l’Autriche d’Italie : « A nos soldats envoyés aux frontèires pontificales, nous recommandons seulement de défendre l’intégrité et la sécurité des Etats Pontificaux ». Evidemment les publicistes et autres agitateurs révolutionnaires ne « cessaient de proclamer que Pie IX était le principal moteur de la guerre » nous dit l’Auteur. Pie IX leur répond brillament lors ce discours secret qui restera à jamais comme une superbe preuve de courage et de foi : « Nous apprenons en particulier des contrées allemandes de l’Europe, que l’on y répand le bruit, parmi le peuple, que le pontife romain, soit par des émissaires, soit par d’autres machinations, a excité les nations italiennes à provoquer de nouvelles révolutions politiques. ». (voir p.112-114 pour le texte complet en tout point magnifique). Le courage d’un pape et de son entourage ne suffira pas. Les partisans de Mazzini attaquent le palais du Quirinal et Pie IX dans la nuit du 24 novembre 1848 quitte son palais. Rome devient une république. Le retour de Pie IX en Rome, aidé par un corps expéditionnaire français, l’autriche et le roi Ferdinand II, a lieu le 12 avril 1850.

Pour s’opposer aux risques d’une annexion par le royaume de Sardaigne qui a fait main basse sur les principauté du Nord de l’Italie et la moitié des Etats Pontificaux, les troupes françaises restent dans les Etats du Pape. Les zouaves pontificaux son créés en 1860 avec la bénédiction du pape et le prélat franco-belge Monseigneur de Mérode. Les volontaires de cette armée viennent de France, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, d’Espagne et même du Québec.

Les braves zouaves vont réussir à repousser Garibaldi à la bataille de Mentana en 1867. Mais Garibaldi a réussi à soulever l’Italie révolutionnaire avec l’aide des révolutionnaires français appuyés par Cavour et Napoléon III. Rome tombe le 20 septembre 1870.

Le Manuel du zouave pontifical

Autour de la Faculté de Poitiers, active pour soutenir le comte de Chambord, les zouaves revenus en France, avec l’aide de leur aumonier le Père de Gerlache, vont composer en souvenir de cette belle défense des Etats temporels du Pape, un petit missel portatif en 1872.

Nous savons que le missel dont nous donnons la lecture, fut plus que précieux. Relié dans un précieux maroquin, aux armes du Pape Pie IX, il fut envoyé en cadeau au roi de droit Henri V. Plus qu’un petit missel, l’ouvrage fut composé pour tous les zouaves qui suivaient intimement la dévotion au sacré coeur. Le frontispice mentionne le drapeau des zouaves pontificaux où l’on voit au centre le sacré coeur de Jésus surmonté d’une croix avec un texte écrit autour « Coeur de Jésus, sauvez la France ». C’est le drapeau blanc des zouaves pontificaux porté à la bataille de Loigny le 2 décembre 1870. Cette bannière fut réalisée par les religieuses de Paray-le monial. Cette bannière fut déployée fièrement par le Général de Sonis et par le colonel baron de Charette. Par ailleurs le drapeau a été teint du sang de Henri de Verthamon et de Jacques de Bouillé. La bannière fut donnée à Tours par les volontaires de l’Ouest, armée constituée en France par les débris des régiments français des zouaves. On retrouve la reproduction du fameux drapeau aussi dans un livre sur les zouaves paru dans la manche en 1889.

Le manuel est dédié au général Kanzler, ministre des Armées du Pape. Le manuel s’ouvre par une introduction et indique qu’il s’attache à satisfaire « aux pieuses habitudes des soldats composant ce régiment chrétien », il reproduit un précédent manuel de Rome qu’un soldat serrait très fort dans ces mains à la bataille de Loigny. Le Baron de Charette mit le régiment revenu d’Italie sous la protection du Sacré Coeur de Jésus. Et tout naturellement suit l’acte de consécration des zouaves que nous reproduisons ici :

« O Jésus, vrai Fils de Dieu, notre Roi et notre Frère, rassemblés tous ici, au pied de vos autels, nous venons nous donner pleinement à vous, et nous consacrer à votre divin coeur.

Vous le savez , Seigneur, nos bras se sont armés pour la défense de la plus sainte des causes : de la vôtre, Seigneur, puisque nous sommes les soldats de votre vicaire. Vous avez permis que nous fussions associés aux douleurs de Pie IX, et qu’après avoir partagé ses humiliations, nous fussions violemment séparés de notre Père.

Mais, Seigneur, après avoir été chassés de cette terre romaine, où nous montions la garde au tombeau des saints Apôtres, vous nous prépariez d’autres devoirs, et vous permettiez que les soldats du Pape devinssent les soldats de la France.

Nous avons paru sur les champs de bataille, armés pour le combat. Votre coeur adorable, représenté sur notre drapeau, abritait nos bataillons.

Seigneur, la terre de France a bu notre sang, et vous savez si nous avons bien fait à la patrie le sacrifice de notre vie.

Beaucoup de nos frères sont morts. Vous les avez rappelés à vous, parce qu’ils étaient mûrs pour le ciel.

Mais nous, nous restons, et nous ignorons le sort qu vous nous réservez.

Faites, mon Dieu, que la vie que vous nous avez laissée soit tout entière consacrée à votre service.

Nous vous portons tous sur nos poitrines l’image de votre sacré Coeur : faites que nos coeurs en soient l’image encore plus vraie. Rendez-nous dignes du nom de soldats chrétiens.

Faites que nous soyons sousmis à nos chefs, charitables pour le prochain, sévères pour nous-mêmes, dévoués à nos devoirs, et prêts à tous les sacrifices.

Faites, que nous soyons purs, et de corps et d’âme ; qu’ardents dans le combat, nous devenions tendres et compatissants pour les blessés.

O Jesus, dans les dangers et dans les souffrances c’est de de votre divin Coeur que nous attendons notre plus puissant secours. Il sera notre refuge lorsque tous les appuis humains nous manqueront, et notre dernier soupir sera notre dernier acte d’espérance dans sa miséricorde infinie.
Et vous, ô divine Marie, que nous avons choisie pour notre Mère, à vous aussi nous avons rendu témoignage.

Les champs de bataille ont vu le long cortège des mères, des épouses et des sœurs en deuil, et, lorsque de pieuses mains remuaient la terre qui recouvre les morts, on savait reconnaître les nôtres à votre Scapulaire.

Soyez donc notre protectrice, et obtenez-nous la grâce de nous tenir étroitement unis à vous dans le sacré Coeur de Jésus, durant la vie et à l’heure de la mort, pour le temps et pour l’éternité.

Ainsi soit-il. »

Après le calendrier, un message du pape Pie IX est délivré à ces fidèles zouaves qui « a daigné accorder en date du 29 juillet 1868, l’indulgence plénière à tous les jeunes gens qui, s’enrôlant dans ledit régiment, rempliront leurs devoirs religieux, visiteront la basilique de Saint Pierre dans l’espace de huit jours et y prieront aux fins ordinaires de l’Eglise ».

Le missel portatif suit. Il comporte : les prières du Matin, les prières du Soir et l’Ordinaire de la Messe. Dans l’Ordinaire, a été ajouté d’utiles conseils pour prier durant la Sainte Messe. La prière pour les morts est ajoutée in fine. Puis ce sont les conseils pour le servant de messe.

Parmi les nombreuses prières qui complètent ce manuel, les litanies du Sacré Coeur de Jésus sont soigneusement bien placées après avoir exposé dans deux chapitres : les bonnes conduites pour la confession et la communion.

Dans un dernier chapitre : Hymnes, Proses, et Prières, l’aumonier a regroupé de très belles prières pour ceux qui se dévouent au Sacré Coeur. Nous citons la prière de Saint Bernard : « Souvenez-vous, ô très pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais oui dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, qui ont imploré votre secours et demandé vos suffrages, ait été abandonné. Animé d’une pareille confiance, je viens à vous, Vierge des vierges, ô ma Mère. Je cours à vous, gémissant sous le poids de mes péchés ; je me prosterne devant vous. O Mère du Verbe, ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. »

En entête de chapitre est mentionné encore une confrérie du Sacré-Coeur de Jésus, établie à Rennes, au mois de juin 1871, pour tous les membres des zouaves pontificaux, et affiliée à l’Archiconfrérie érigée à Rome dans l’Église della Pace. Puis sont cités les conditions à observer une fois entré dans la confrérie afin de jouir des avantages accordés aux associés par la Sainte Eglise : « La première condition est de faire inscrire son nom sur la liste d’un aumonier de régiment ; la seconde, de réciter chaque jour le pater, l’ave, le credo, avec l’invocation : Divin Coeur de Jésus, ayez pitié de nous : Cor Jesu sacratisssimum, miserere nobis.

Et Aujourd’hui ?

A notre époque où la république occupe la France et où les Etats de l’Église n’existent plus, la dévotion au Sacré Coeur de Jésus existe toujours. L’Union de Cercles Légitimistes de France renouvelle chaque année sa consécration au Sacré-Coeur.

Au sein de chaque famille, il est possible de faire cette même consécration qu’on peut renouveler chaque année. Le premier vendredi de chaque mois a lieu la Sainte Messe du Sacré Coeur suivi de l’Heure Sainte. Notre seigneur demandait à Sainte Marguerite-Marie de la faire toutes les nuits du jeudi au vendredi de onze heures à minuit. Les Papes ont encouragé sa pratique et ils ont élevé la « Confrérie de l’Heure Sainte » au rang d’archiconfrérie. Les registres de l’archiconfrérie sont tenus au Monastère de la Visitation de Paray-le-Monial.

Pour terminer cet article, voici la prière de Saint Ignace (Anima Christi) du manuel du Zouave Pontifical. Merci encore à Monseigneur le comte de Chambord de jure Henri V, de nous avoir mis sur la trace de ce si précieux ouvrage :

« Ame de Jésus-Christ, sanctifiez moi.

Corps de Jésus-Christ, sauvez moi.

Sang de Jésus-Christ, enivrez moi.

Eau qui sortites du côté de Jésus-Christ, lavez-moi.

Passion de Jésus-Christ, fortifiez-moi.

O bon Jésus ! Exaucez-moi. Cachez moi dans vos plaies.

Ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

Défendez moi contre l’ennemi qui veut me perdre.

A l’heure de ma mort, appelez moi ;

et ordonnez moi de venir à vous, afin que je vous

glorifie avec vos Saints,

dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

BIBLIOGRAPHIE :

LE VOILE LEVE POUR LES CURIEUX, OU LE SECRET DE LA REVOLUTION REVELE, A L’AIDE DE LA FRANC-MACONNERIE, Paris, Lepetit et Guillemard l’aîné, par l’abbé Lefranc 1792

LE DIVIN CONSOLATEUR, ETRENNES nécessaires aux fidèles, dans les malheureux jours du Schisme, A Paris, chez Petit et Crapart, par l’abbé Lefranc, 1792

MEMOIRES POUR SERVIR A L’HISTOIRE DU JACOBINISME, édition revue et corrigée, et augmentée d’un volume supplémentaire, Par Augustin Barruel, en 1818

HISTOIRE DE LA REVOLUTION DE ROME, tableau religieux, politique et militaire des années 1846,1847,1848,1849 et 1850 en Italie par Alphonse Balleydier,  deux tomes 1851.

MANUEL DU ZOUAVE PONTIFICAL, par le père de Gerlache, Paris, 1872.

LE DRAPEAU DU SACRE-COEUR et les Zouaves par M. S…A… troisième édition, chez monsieur le vicaire de Saint Amand, près Torigny (Manche) – 1889